1 juillet 2026
L'Ukraine intensifie ses attaques, la russie face à une pénurie d'essence
Au cours de la seconde moitié de juin, l'Ukraine a considérablement intensifié ses attaques contre les infrastructures militaires, pétrolières et logistiques russes. La conséquence la plus marquante de ces attaques a été une pénurie d'essence de grande ampleur qui a touché toute la russie.
Les drones ukrainiens continuent de détruire systématiquement l'industrie russe du raffinage pétrolier. Ces attaques visent des installations situées à plus de mille kilomètres de la frontière ukrainienne.
Le 20 juin, des drones ukrainiens ont attaqué une raffinerie de pétrole à Tioumen, à 2 000 km de la frontière ukrainienne. Le 24 juin, c'était au tour d'une raffinerie de gaz à Orenbourg, le plus grand complexe gazier et chimique au monde, à environ 1 200 km de la frontière ukrainienne. Le 25 juin, une raffinerie de pétrole à Oufa, à environ 1 400 km de la frontière ukrainienne, a été visée.
Sur les dix plus grandes raffineries de pétrole russes, seules deux n'ont pas été attaquées, car elles sont situées trop loin de l'Ukraine, à plus de 2 800 km. Suite à ces attaques, il ne reste quasiment plus aucune région de russie épargnée par la pénurie de carburant. De plus, elle se fait particulièrement sentir là où les drones ukrainiens n'ont pas survolé les zones touchées. Ces dernières prélèvent tout simplement de l'essence pour l'armée russe et pour moscou. Par exemple, dans la région d'Irkoutsk (à plus de 4 500 km de la frontière ukrainienne), les automobilistes font la queue pendant 18 heures aux stations-service ! Et en Transbaïkalie, encore plus à l'est de la frontière ukrainienne, les stations-service ne vendent pas plus de 15 litres de carburant ! Les prix du carburant ont fortement augmenté dans toute la russie.
Parallèlement, le président russe poutine assure à ses sujets que « la situation concernant l'essence n'est pas critique ». Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a déclaré à cette occasion : « poutine peut bien affirmer à la télévision qu’il contrôle tout, qu’il y a de l’essence. Mais les russes eux-mêmes, faisant la queue aux stations-service dans différentes régions de Russie, constatent que leur “guerre de trois jours” dure depuis cinq ans, à tel point que même l’État pétrolier, la “station-service”, comme on appelait la russie, est désormais à court d’essence.»
La guerre s’invite chez eux
À partir du 16 juin, des drones ukrainiens ont mené plusieurs frappes massives sur Moscou. Ils sont parvenus à percer le système de défense aérienne multicouche de la capitale russe. Ils ont notamment détruit une raffinerie de pétrole moscovite, essentielle à l’approvisionnement de la capitale en essence. Selon les experts, la remise en état de cette installation prendra au moins jusqu’à fin 2026. La vente d’essence dans les stations-service moscovites a été limitée à 30 litres par véhicule.
Par ailleurs, près de Moscou, des drones ont frappé à deux reprises le centre de communications spatiales de Doubna. Selon le président Zelensky, « il s'agit d'une installation spéciale de communications par satellite utilisée notamment pour la reconnaissance et la coordination des activités du contingent d'occupation russe en Ukraine ».
La dimension symbolique de la frappe sur Moscou est tout aussi importante. La guerre est ainsi revenue à ses racines, là où elle était censée être menée.
Il convient également de mentionner les frappes de missiles ukrainiens contre des usines russes produisant du matériel militaire. Le 22 juin, des missiles ont touché une usine d'électronique à Voronej, qui fabriquait des pièces pour missiles et systèmes de défense aérienne. Le 27 juin, une frappe de missiles a visé une usine à Volgograd, qui produit des systèmes d'artillerie et des lanceurs de missiles.
Le principal trophée est devenu le principal problème
L'infrastructure ennemie dans la péninsule de Crimée occupée a subi des coups particulièrement dévastateurs.
Au cours de la seconde moitié de juin, plusieurs ponts ferroviaires y ont été détruits, ainsi que le matériel de réparation acheminé pour leur remise en état. Le 21 juin, des drones ukrainiens ont attaqué un ferry traversant le détroit de Kertch. Des terminaux pétroliers et des positions de défense aérienne ont également été détruits dans toute la péninsule. Le 24 juin, des drones ont frappé une centrale électrique près de Sébastopol, qui abritait jusqu'à récemment la principale base navale russe en mer Noire.
En conséquence, la vente d'essence à la population civile a été totalement interrompue dans la péninsule. Si, auparavant, des millions de touristes affluaient dans les stations balnéaires de Crimée durant la saison estivale, aujourd'hui, la péninsule est quasiment déserte. Le 26 juin, les autorités d'occupation ont instauré l'état d'urgence en Crimée pour une durée indéterminée.
Il y a douze ans, l'agression russe contre l'Ukraine a débuté avec l'occupation et l'annexion de la Crimée ukrainienne. Aujourd'hui, la péninsule est devenue le principal problème de la russie et de son dirigeant incompétent.